La découverte d’un Coran du VIIIe siècle écrit sur un texte biblique copte: entretien avec Eléonore Cellard et Catherine Louis

[Cette interview est également disponible en arabe et en anglais]

Edité par Ahmed Shaker et Abderrahmane Ettousy

En avril 2018, la maison de ventes aux enchères Christie’s a proposé un manuscrit coranique ancien à la vente dans le cadre de sa vente aux enchères consacrées à l’art du monde islamique et indien, qui comprenait des tapis et des carpettes orientales.

Le manuscrit coranique, qui est présenté pour la première fois, se compose de neuf folios miniatures, le plus grand mesure 12,7 x 11,1 cm, et contient des versets partiels de Surat Al al-Mā’ida (versets 40-58; 69-76; 83-88; 116-120), et Surat Al-Anʻām (versets 1-9), il est écrit en hijazi ou en kufique ancien sur un parchemin vertical, et est daté du IIe siècle AH / VIIIe siècle de notre ère.

C’est grâce à Éléonore Cellard (chercheuse française) que le manuscrit de Christie’s a êtes identifié comme étant un palimpseste, c’est-à-dire; un parchemin qui a êtes réutilisé pour copier un nouveau texte, elle a réussi à détecter dans les neuf fragments des traces d’un texte copte plus ancien, qui sera identifié plus tard comme étant des passages de la Bible de l’ancien Testament.

Cette découverte est considérée comme remarquable, non seulement parce que les palimpsestes coraniques connu sont rares, mais aussi parce que la réutilisation d’un manuscrit copte pour copier un texte coranique au-dessus de celui-ci est très intéressant, et indique l’existence d’une communication culturelle en Égypte au IIe siècle.

En 26 avril 2018, le palimpseste “Copte-Coranique” a rapporté la somme de 596 750 £, soit cinq fois le prix estimé ( 80 000 – 120 000 £.)

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Le palimpseste copto-coranique de Christie a été vendu le 26 avril 2018 au prix de 596 790 £. Source: ChristiesInc / Twitter

Pour mettre en évidence les origines, les particularités codicologiques, les lectures textuelles et la signification globale du palimpseste copto-coranique de Christie, nous avons eu l’occasion de parler à Éléonore Cellard et Catherine Louis, respectivement, Cellard est Post-doctorat au collège de France à Paris, Cellard s’intéresse à l’étude de la transmission écrite du texte coranique à travers les plus anciens manuscrits coraniques encore existants, dans ce contexte, elle a récemment publié en 2017 (Brill) un livre intitulé Codex Amrensis 1 ; une reproduction d’un fragment coranique du VIIIe siècle, disséminé dans quatre institutions différentes en Europe et au Moyen-Orient. Quant à Catherine Lewis, elle est chargée de recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes du CNRS, à Paris, elle s’intéresse à l’étude du christianisme primitif en Égypte, l’édition et le catalogage des manuscrits copte, et à la fabrication des livres à cette époque. Elle est également rédactrice en chef à la revue Cahiers de la bibliothèque Copte.

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Palimpseste copto-coranique de Christie. Sur cette photo, vous pouvez voir assez clairement le texte copte en dessous du texte coranique. Source: Christie’s

L’interview

Comment avez-vous découvert le palimpseste ?

Eleonore Cellard (EC) : J’ai découvert ce palimpseste en feuilletant le Catalogue de vente d’art islamique de Christie’s, du 26 Avril 2018, qui était accessible en ligne. L’un des lots, intitulé « nine folios from a rare Late Hijazi or early kufic small square Qur’an », m’intéressait particulièrement pour les recherches que je mène sur les manuscrits coraniques anciens, datables du 2e s. Hégire/8e siècle de notre ère. Les images étant de très bonne qualité, j’ai pu faire des agrandissements et m’assurer qu’il ne s’agissait pas de simples traces d’usure du parchemin, mais bien d’une écriture effacée.

Mais cette découverte n’est pas due au hasard. Depuis plusieurs mois déjà, je travaillais sur d’autres  manuscrits palimpsestes, en cherchant d’une part à comprendre dans quels contextes culturels et matériels ils apparaissaient, et aussi quelles étaient les techniques employées pour faire réapparaître ces écritures effacées. On peut dire en quelque sorte que mon regard était entraîné à observer ce qu’il y a au-delà de l’écriture visible. Peut-être que sans ce travail préalable, le texte effacé m’aurait échappé ; tout comme il avait échappé à l’œil de son ancien propriétaire ou des experts de Christie’s. Et je dois dire que, sur le coup, j’ai cru que mon imagination me jouait un tour.

Quelle est l’importance de cette découverte ?

EC : A mon sens, ce document enrichit profondément notre connaissance de la transmission manuscrite du Coran, et, plus généralement celle des textes dans la culture livresque de l’Orient de l’Antiquité tardive. Deux éléments me semblent particulièrement importants dans cette perspective.

Premièrement, grâce à l’écriture copte effacée que l’on peut facilement localiser en Egypte, ce document nous donne un indice sur les lieux de production des manuscrits coraniques anciens. Il s’agit là d’un indice très précieux, car il faut rappeler que nous n’avons aucune information de ce genre dans les manuscrits : ils ne comportent aucune note de provenance avant le milieu du 3e s. H./9e s de notre ère, voire plus tard. En outre, la plupart des manuscrits ont été découverts, à partir des 17e -18e s., rassemblés dans les mosquées de grandes urbains ; des centres qui n’ont peut-être rien à voir avec les lieux de copie. Au contraire, ce palimpseste atteste ici que l’Egypte a bien été un lieu d’activité de la transmission manuscrite du Coran, au moins dès le milieu du 8e siècle.

Deuxièmement, ce nouveau palimpseste vient compléter notre vision des pratiques scribales du Coran. Aujourd’hui, il existe de nombreux témoignages de palimpsestes conservés dans les cultures livresques juives et chrétiennes d’Orient et d’Occident : pour ne donner qu’un exemple, plus de 20% des lectionnaires du NT en majuscule grecque recensés sont des palimpsestes. A l’inverse, nous ne disposons que de quelques palimpsestes pour la copie du Coran (ils représentent environ moins de 0,03% des manuscrits,). L’étude de ces témoins exceptionnels va nous permettre comprendre les enjeux et les contextes dans lesquels de tels artefacts ont été produits. Dans le cas présent, le palimpseste copto-coranique reflète des contraintes économiques qui s’inscrit bien dans la culture livresque de l’Egypte multiculturelle du 8e siècle.

Avons-nous d’autres exemples de palimpsestes coraniques outre le « palimpseste de Christie’s ?

EC : Actuellement nous connaissons 4 autres manuscrits coraniques palimpsestes, chacun ayant été produits dans des contextes différents les uns des autres. Isolons d’emblée le palimpseste Lewis-Mingana de la Bibliothèque de Cambridge : à l’inverse des trois autres, ce dernier comporte des folios à l’origine coraniques qui ont été effacés pour être réutilisés dans un contexte chrétien. Deux autres palimpsestes – l’un probablement du 2e/8e siècle, l’autre plus tardif – ont été découverts dans la collection de San‘a’ ; chacun est proprement coranique[1], qu’il s’agisse du texte effacé ou de celui qui a été réécrit au-dessus. Le troisième palimpseste a été identifié grâce un fac-similé publié au début du 20e s. et conservé à la Staatsbibliothek de Berlin[2]: il s’agit d’un folio provenant de la collection de la Grande mosquée de Damas, comportant un texte certainement en grec, effacé au cours du 3e/9e siècle, pour copier un texte coranique.

Toutefois, il faut rappeler que nous n’avons pas encore de vue d’ensemble de toutes les collections. D’autres palimpsestes existent peut-être dans les collections qui se trouvaient dans les grandes mosquées de Damas ou de San‘a’. D’autres, enfin, ont peut-être circulé en dehors de ces collections, dans des milieux où l’accès aux matériaux d’écriture était plus difficile. En somme, l’extrême rareté de cette pratique de réutilisation du parchemin dans le contexte coranique est peut-être simplement due au hasard de la conservation.

Quelle a été votre première impression lorsque vous avez examiné le palimpseste?

Catherine Louis (CL) : J’ai d’abord été très excitée par cette belle découverte, totalement inattendue. L’écriture sous-jacente montrait des signes d’ancienneté, et le fait qu’elle ait été effacée pour que les fragments soient réutilisés pour la copie d’un Coran est un fait unique. Par ailleurs, certains fragments coptes, les premiers à avoir pu être identifiés, montraient que nous avions affaire à au moins deux passages bibliques, ce qui rendait le lot encore plus intéressant. Les difficultés liées à la lecture du texte sous-jacent rendait encore le tout plus intéressant (c’était une sorte de “challenge”).

Le texte copte inférieur est-il lisible? Si oui, que dit-il?

CL : Deux des fragments présentent une face assez lisible, et ont été identifiés peu après leur découverte par A. Boud’hors (CNRS-IHT, Paris) et A. Suciu (Akademie der Wissenschaften, Göttingen) comme contenant des extraits du Deutéronome et d’Isaïe. Deux autres fragments contiennent eux aussi des extraits du Deutéronome et d’Isaïe, mais ils sont beaucoup moins clairement lisibles. Concernant les cinq fragments restants, je soupçonne deux d’entre eux de contenir eux aussi des extraits bibliques, mais le texte n’est pas assez lisible pour que l’on puisse déterminer avec certitude de quel passage il s’agit. Il nous reste encore trois fragments sur lesquels, malheureusement, on ne déchiffre que quelques lettres, qui ne permettent pas pour le moment de les identifier.

Est-il encore possible de dater le texte inférieur copte?

CL : Oui, approximativement. Nous savons que ces fragments provenaient d’un manuscrit copte qui fut sans doute d’un format assez réduit. Il est écrit dans une majuscule dite “biblique”, (du nom de l’onciale utilisée dans de nombreux manuscrits bibliques grecs anciens). Cette écriture correspond également à celle que l’on retrouve dans différents manuscrits coptes provenant d’égypte et datables des VIème-VIIème siècles, de manière assez sûre, puisqu’ils ont été trouvés lors de fouilles et avec d’autres documents permettant de les dater. Tous ces indices permettent de supposer que ces fragments ont été copiés aux environs du VIIème siècle, voire au VIème siècle, sans que l’on puisse, pour l’instant, préciser la datation, faute d’indications précises quant au lieu de copie des ces fragments et aux circonstances dans lesquelles ils sont apparus sur le marché des antiquités.

D’où provient probablement le palimpseste?

CL : Il n’est pas assuré que le texte copte et le Coran aient été copiés au même endroit: certains palimpsestes contenant un texte sous-jacent en copte ont en effet voyagé, et leur texte sous-jacent a pu être copié dans un lieu, avant que l’on ne décide de récupérer tout ou partie du codex pour le réutiliser, ailleurs en égypte, afin d’y copier d’autres textes, éventuellement dans d’autres langues.

Le manuscrit copte, par ses caractéristiques propres (format, paléographie, langue) a de bonnes chances de provenir de la Moyenne et Haute égypte, d’où nous sont parvenu nombre de manuscrits similaires (dans la région qui va d’Abydos à Hermopolis au moins), mais il demeure difficile de préciser davantage cette question à l’heure actuelle.

EC : Comme je l’ai dit plus haut, les caractéristiques matérielles et textuelles de l’écriture coranique ne permettent pas de l’associer à une pratique régionale en particulier. L’écriture employée suit un modèle diffusé dans l’ensemble des différents centres urbains. Quelques particularités textuelles, qui ont été ajoutées a posteriori, renvoient par contre à une tradition de lecture de Médine ; sachant que cette dernière a été largement diffusée en Egypte. Cette observation concorde par ailleurs avec un ensemble de manuscrits, découverts dans la mosquée de ‘Amr à Fustat, qui présentent les mêmes caractéristiques.

Quelles sont vos études ultérieures sur ce palimpseste?

CL : Il me semble que le plus important serait de pouvoir lire et identifier les fragments coptes de ce lot qui sont restés sans identification. Il faudrait pour cela pouvoir bénéficier de bonne photographies (idéalement des photographies multispectrales) qui permettraient de mieux visualiser le texte sous-jacent. Sans cela, les tentatives d’identification de certains fragments risquent fort d’être vouées à l’échec. Or, il reste la possibilité que certains fragments ne proviennent pas des mêmes livres. Sans photographies de bonnes qualité, il demeure impossible d’affirmer que tous les fragments coptes utilisés dans le codex coranique aient été bibliques. Il s’agit là d’une question important qui ne peut être résolue autrement que par un examen minutieux de la couche inférieure de ces fragments, avec l’aide des technologies modernes dont nous disposons. On peut donc considérer que ces fragments n’ont pas encore livré tous leurs mystères, et qu’il reste du travail pour en tirer le meilleur parti, mais que ce travail ne pourra se faire que s’il est possible d’accéder à nouveau aux originaux.

EC : Avec la reconstruction du texte inférieur, au moyen de l’imagerie multispectrale, on vise plusieurs choses : localiser plus précisément encore le manuscrit d’origine, mais aussi comprendre le processus de transformation du manuscrit copte en manuscrit coranique.

Malheureusement, ce document n’est plus accessible depuis la vente de Christie’s. Malgré notre insistance pour obtenir des images multispectrales des feuillets, l’acquéreur de l’objet ne nous a jamais contacté à ce sujet. Nous espérons que l’étude que nous essayons de mener et de diffuser fera évoluer la situation.


[1] Cellard fait référence à deux palimpsestes coraniques, actuellement conservés au Dar al-makhṭūṭāt au Yémen; explicitement DAM 01-27.1 et DAM 18 – ?. a. Le premier est daté du 1er / 2e siècle, alors que le second est du 3e / 4e siècle.

[2] Une photographie de ce folio a été publiée en 1908 par la Bibliothèque d’État de Berlin. L’édition de 1908 comprenait également des photographies de manuscrits orientaux, rédigés dans diverses langues, précédemment conservées à la Grande Mosquée de Damas. Voir Photographien von ausgewählten Fragmenten aus der Omayyaden-Moschee in Damaskus in verschiedenen Sprachen. Berlin, Staatsbibliothek, Mss. simulata orientalia 6, 1908. pl.3a (Nous remercions E. Cellard de nous avoir fourni ces informations).

The Discovery of an 8th-Century Qur’an Written Over a Coptic Biblical Text: An Interview with Eléonore Cellard and Catherine Louis

[This interview is also available in Arabic and French]

Edited by Ahmed Shaker and Abderrahmane Ettousy

Introduction

In April 2018, Christie’s Auction House offered an early Quranic manuscript for sale as part of its Indian and Islamic World auction, which included oriental carpets and rugs. The Quranic fragment consists of nine miniature folios, the largest being 12.7 x 11.1 cm, and contains partial verses from Sūrat al-Māʼida (verses 40-58; 69-76; 83-88; 116-120) and Sūrat al-Anʻām (Verses 1-9). It is written in late Hijazi or early Kufic style on vertical parchment and dated to the 2nd-century A.H./8th-century C.E. 

Soon after the release of the auction, a French scholar named Eléonore Cellard was able to discover what appears to be a fainted Coptic text laying behind the Quranic text, which is thought to be from the Christian Old Testament. In this sense, it’s a palimpsest; that is a piece of writing material on which later writing has been superimposed on effaced earlier writing. Covering two distinct theological texts, the first layer of the palimpsest (inferior) is Coptic, while the second layer (superior) is the Arabic Quran.

The discovery is considered remarkable, not only because Quranic palimpsests are rare, but also because it is the first time we encounter an example of a Coptic fragment being washed off to make a place for the Qur’an. Moreover, on April 26th, 2018, Christie’s Copto-Quranic palimpsest has reached an outstanding result—in terms of Islamic art auction sales—when the nine fragments fetched the sum of £596,790, that is five times its estimated price (£80,000-£120,000).

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Christie’s Copto-Quranic palimpsest being sold on April 26th, 2018, for £596,790. Source: ChristiesInc/Twitter

To highlight the origins, codicological peculiarities, textual readings, and overall significance of Christie’s Copto-Quranic palimpsest, we had the opportunity to speak to Eléonore Cellard and Catherin Louis, respectively. Cellard is a post-doctorate at the College de France in Paris, where she majors in the study of the textual transmission of the Qur’an in the formative period of Islam, based on the oldest and finest Quranic manuscripts available to her. She is a student of the renowned codicologist François Déroche, and has recently published a book with Brill in 2017, entitled Codex Amrensis 1—a reproduction of an 8th-century Qur’anic fragment, scattered at four different institutions in Europe and the Middle East. As for Catherine Louis, she is a research fellow at the Institute of Research and History of Texts at the Centre national de la recherche scientifique (CNRS) in Paris, where she specializes in the stud of early Egyptian Christianity, cataloguing and editing unpublished Coptic manuscript texts, and examining book’s structure techniques in Egypt around that time. Her contributions can be found at Cahiers de la Bibliothèque copte—a peer-reviewed journal, in which Louis serves as an editor along with her colleague Anne Boud’hors. 

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Christie’s Copto-Quranic palimpsest. In this photograph, You can fairly sight the fainted Coptic text underlying the Quranic text. Source: Christie’s

The Interview

Quranic Manuscripts Studies Blog (QMSB): How did you find out about this palimpsest?

Eleonore Cellard (EC): I discovered this palimpsest by flipping through the Christie’s Islamic Art Sale Catalogue of April 26th, 2018, which was made available online. One of the lots, entitled “nine folios from a rare Late Hijazi or early Kufic small square Qur’an” has fascinated me in particular, for the research I conduct on ancient Qur’an manuscripts dated to the 2nd-century A.H./8th-century C.E. Since the images were in a very good quality, I was able to make enlargements to make sure what was there is not simply traces of wear of the parchment but of an actual erased writing.

However, this discovery is not coincidental. For several months now, I have been working on other palimpsests, attempting first to understand in which cultural and material contexts they appeared in, and what were the techniques used to reveal these erasures. In a way, one can say that my gaze was trained to observe what it was beyond visible writing. Maybe, without this preceding work, the erased text would have escaped my eyes, just as it had escaped the eye of its former owner and the eyes of Christie’s experts. And I must say that, at the time, I thought my imagination had played me a trick.

QMSB: What’s the significance of this discovery?

EC: In my opinion, this document profoundly enriches our knowledge of the handwritten transmission of the Quran, and more generally of the texts in the book culture of the Orient of Late Antiquity. Two elements seem to be particularly important in this perspective.

Firstly, thanks to the erased Coptic script which can be easily located in Egypt, this document gives us a clue to the places of production of the ancient Qur’anic manuscripts. This is a very valuable clue because we must remember that we have no such direct information in the manuscripts themselves. They do not contain any note from before the middle of the 3rd-century AH/9th-century C.E., or even later. In addition to that, most of these manuscripts— which were discovered starting from the 17th-century towards the 18th-century—were collected in the mosques of large urban centers; that may not be related to the actual locations in which the manuscripts were copied. However, this particular palimpsest confirms that Egypt has been a place of business for the textual transmission of the Quran, at least from the mid-8th century.

Secondly, this new palimpsest completes our understanding of the scribal practices of the Quran. Today, there are countless witnesses of palimpsests preserved in the Jewish and Christian book cultures of East and West. To give just one example, more than 20% of identified New Testament Lectionaries in uppercase Greek, are palimpsests. Conversely, we have only a few palimpsests for the Quran (they represent approximately less than 0.03% of the total manuscripts). The study of these exceptional witnesses will enable us to understand the matters and contexts in which such artifacts have been assembled. In this case, the Copto-Quranic palimpsest reflects certain economical constraints that fit well with the book culture of multicultural Egypt in the 8th century.

QMSB: In addition to Christie’s Copto-Qur’anic palimpsest, do we have further examples of Quranic palimpsests in presence today?

EC: Currently, we know 4 other Quranic palimpsests, each one of them were produced in different contexts—aside from Mingana-Lewis palimpsest of Cambridge University Library [Ms. Or. 1287]. In contrast to the other three, the Mingana-Lewis palimpsest contains folios, originally Quranic that has been erased to be reused in a Christian context. The two other palimpsests were discovered in the collection of Ṣan’ā’ in Yemen[1]. Both of the latter palimpsests are entirely Qur’anic; whether it is the erased text or the one that has been rewritten over it.

The third palimpsest was identified through a replica published in the early 20th century[2]. It is a folio from the collection of the Great Mosque of Damascus, with a Greek text being erased during the 3rd-century AH/9th-century CE to transcribe a Quranic text.

However, we must remember that we do not yet have an overview of all the collections. Other palimpsests may exist in the collections found in the great mosques of Damascus or Ṣan’ā. Others, again, may have circulated outside these collections in environments where access to writing materials was more difficult.

In conclusion, the extreme rarity of this practice of parchment reuse in the Quranic context is, perhaps, due to lack of conservation’s procedures.

QMSB: What was your first impression when you examined the palimpsest?

Catherine Louis (CL): I was initially very excited by this beautiful, completely unexpected discovery. The underlying writing showed signs of seniority, and the fact that it was erased for the fragments to be reused for copying a Quran, is unique. In addition, some Coptic fragments, the first to have been identified, showed we were dealing with at least two biblical passages, which made the lot even more interesting. The difficulties of reading the underlying text made the whole thing more exciting (it was a kind of challenge).

QMSB: Is the inferior Coptic text legible? If yes, what does it say?

CL: Two of the fragments have a rather readable view, and were identified shortly after their discovery, by A. Boud’hors (CNRS-IHT, Paris) and A. Suciu (Akademie der Wissenschaften, Göttingen) as containing excerpts from Deuteronomy and Isaiah. Then two other fragments which also contain excerpts from Deuteronomy and Isaiah were identified, but they are much less clearly legible. Regarding the remaining of the five fragments, I suspect that two of them also contains biblical excerpts, but the text is not legible enough to determine with certainty which passage it is. We still have three fragments on which we, unfortunately, only decipher a few letters that do not allow for the moment to identify them.

QMSB: Is it possible yet to date the lower Coptic text?

CL: Yes, approximately. We know that these fragments came from a Coptic manuscript which was probably of a rather small size. It is written in the so-called “biblical” capital (from the name of the uncial used in many ancient Greek Bible manuscripts). This writing also corresponds to what is found in various Coptic manuscripts originating in Egypt and were datable, quite safely, to the 6th-7th centuries; as they were found during excavations alongside other dated documents. These indices allow to suppose that these fragments were copied around the seventh century—maybe even in the sixth century—but at the moment, we can not provide a precise dating due to lack of specific indications as to where these fragments were made and the circumstances surrounding its appearance in the antique markets.

QMSB: Where does the palimpsest probably come from?

CL: it is not certain that the Coptic text and the Quranic text were copied in the same place. Some palimpsests containing an underlying text in Coptic have indeed travelled, and their underlying text may have been copied elsewhere before the manuscript or part of it was acquired in Egypt and other copies of it were reproduced; they may have been written in other languages.

The Coptic manuscript with its own characteristics (size, paleography, and language) is likely to come from the Middle and Upper Egypt, where we have obtained many similar manuscripts (in the areas from Abydos to Hermopolis, at least), but it remains difficult to further clarify this issue at this time.

EC: As I said above, the material and textual characteristics of Quranic writing do not allow us to associate it with a particular regional practice. The writing used follows a model disseminated in all the different urban centers. Some textual features, which have been added later, refer to a tradition of Medinan reading; knowing that the latter has been widely disseminated in Egypt. This observation also concords with a set of manuscripts, discovered in the Mosque of ʿAmr in Fusṭāṭ, which have the same characteristics.

QMSB: What are your further studies on this palimpsest?

CL: It seems to me that the most important work would be to read and identify the Coptic fragments of this lot, which are still remained without identification. This would require good photographs (ideally multispectral photographs) that would better visualize the underlying text. Without this step, attempts to identify certain fragments are likely to fail. However, there remains a possibility that some fragments do not come from the same book. Without good quality photographs, it remains impossible to say that all the Coptic fragments used in the Quranic codex have been biblical. This is an important question that can only be solved by careful examination of the lower layer of these fragments, with the help of the modern technologies at our disposal. We can, therefore, consider that these fragments have not yet revealed all of their mysteries, and that there is still due work to get the best out of it, but this work can only be done as it become possible to access the originals again.

EC: With the reconstructing of the lower text, using multispectral imaging, we aim at several things: to precisely locate the original manuscript, and also to understand the process of transformation of the Coptic manuscript into a Quranic manuscript.

Unfortunately, this document is no longer available since the sale of Christie’s. Despite our insistence on obtaining multispectral images of the fragments, the purchaser of the object never contacted us about it. We hope that the study we are trying to conduct and publish will change the situation.


[1] Cellard is referring to two Quranic palimpsests, currently kept at the Dar al-makhṭūṭāt in Yemen; explicitly DAM 01-27.1 and DAM 18-?.a. The first is dated to the 1st/2nd-century A.H, while the second is from the 3rd/4th-century A.H.

[2] A photograph of this folio was published in 1908 by the Berlin State Library. The 1908 edition also included photographs of oriental manuscripts, written in a variety of languages, and were previously stored at the Great Mosque of Damascus. See Photographien von ausgewählten Fragmenten aus der Omayyaden-Moschee in Damaskus in verschiedenen Sprachen. Berlin, Staatsbibliothek, Mss. simulata orientalia 6, 1908. pl.3a.

We thank E. Cellard for providing us with this information.