La découverte d’un Coran du VIIIe siècle écrit sur un texte biblique copte: entretien avec Eléonore Cellard et Catherine Louis

[Cette interview est également disponible en arabe et en anglais]

Edité par Ahmed Shaker et Abderrahmane Ettousy

En avril 2018, la maison de ventes aux enchères Christie’s a proposé un manuscrit coranique ancien à la vente dans le cadre de sa vente aux enchères consacrées à l’art du monde islamique et indien, qui comprenait des tapis et des carpettes orientales.

Le manuscrit coranique, qui est présenté pour la première fois, se compose de neuf folios miniatures, le plus grand mesure 12,7 x 11,1 cm, et contient des versets partiels de Surat Al al-Mā’ida (versets 40-58; 69-76; 83-88; 116-120), et Surat Al-Anʻām (versets 1-9), il est écrit en hijazi ou en kufique ancien sur un parchemin vertical, et est daté du IIe siècle AH / VIIIe siècle de notre ère.

C’est grâce à Éléonore Cellard (chercheuse française) que le manuscrit de Christie’s a êtes identifié comme étant un palimpseste, c’est-à-dire; un parchemin qui a êtes réutilisé pour copier un nouveau texte, elle a réussi à détecter dans les neuf fragments des traces d’un texte copte plus ancien, qui sera identifié plus tard comme étant des passages de la Bible de l’ancien Testament.

Cette découverte est considérée comme remarquable, non seulement parce que les palimpsestes coraniques connu sont rares, mais aussi parce que la réutilisation d’un manuscrit copte pour copier un texte coranique au-dessus de celui-ci est très intéressant, et indique l’existence d’une communication culturelle en Égypte au IIe siècle.

En 26 avril 2018, le palimpseste “Copte-Coranique” a rapporté la somme de 596 750 £, soit cinq fois le prix estimé ( 80 000 – 120 000 £.)

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Le palimpseste copto-coranique de Christie a été vendu le 26 avril 2018 au prix de 596 790 £. Source: ChristiesInc / Twitter

Pour mettre en évidence les origines, les particularités codicologiques, les lectures textuelles et la signification globale du palimpseste copto-coranique de Christie, nous avons eu l’occasion de parler à Éléonore Cellard et Catherine Louis, respectivement, Cellard est Post-doctorat au collège de France à Paris, Cellard s’intéresse à l’étude de la transmission écrite du texte coranique à travers les plus anciens manuscrits coraniques encore existants, dans ce contexte, elle a récemment publié en 2017 (Brill) un livre intitulé Codex Amrensis 1 ; une reproduction d’un fragment coranique du VIIIe siècle, disséminé dans quatre institutions différentes en Europe et au Moyen-Orient. Quant à Catherine Lewis, elle est chargée de recherche à l’Institut de recherche et d’histoire des textes du CNRS, à Paris, elle s’intéresse à l’étude du christianisme primitif en Égypte, l’édition et le catalogage des manuscrits copte, et à la fabrication des livres à cette époque. Elle est également rédactrice en chef à la revue Cahiers de la bibliothèque Copte.

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Palimpseste copto-coranique de Christie. Sur cette photo, vous pouvez voir assez clairement le texte copte en dessous du texte coranique. Source: Christie’s

L’interview

Comment avez-vous découvert le palimpseste ?

Eleonore Cellard (EC) : J’ai découvert ce palimpseste en feuilletant le Catalogue de vente d’art islamique de Christie’s, du 26 Avril 2018, qui était accessible en ligne. L’un des lots, intitulé « nine folios from a rare Late Hijazi or early kufic small square Qur’an », m’intéressait particulièrement pour les recherches que je mène sur les manuscrits coraniques anciens, datables du 2e s. Hégire/8e siècle de notre ère. Les images étant de très bonne qualité, j’ai pu faire des agrandissements et m’assurer qu’il ne s’agissait pas de simples traces d’usure du parchemin, mais bien d’une écriture effacée.

Mais cette découverte n’est pas due au hasard. Depuis plusieurs mois déjà, je travaillais sur d’autres  manuscrits palimpsestes, en cherchant d’une part à comprendre dans quels contextes culturels et matériels ils apparaissaient, et aussi quelles étaient les techniques employées pour faire réapparaître ces écritures effacées. On peut dire en quelque sorte que mon regard était entraîné à observer ce qu’il y a au-delà de l’écriture visible. Peut-être que sans ce travail préalable, le texte effacé m’aurait échappé ; tout comme il avait échappé à l’œil de son ancien propriétaire ou des experts de Christie’s. Et je dois dire que, sur le coup, j’ai cru que mon imagination me jouait un tour.

Quelle est l’importance de cette découverte ?

EC : A mon sens, ce document enrichit profondément notre connaissance de la transmission manuscrite du Coran, et, plus généralement celle des textes dans la culture livresque de l’Orient de l’Antiquité tardive. Deux éléments me semblent particulièrement importants dans cette perspective.

Premièrement, grâce à l’écriture copte effacée que l’on peut facilement localiser en Egypte, ce document nous donne un indice sur les lieux de production des manuscrits coraniques anciens. Il s’agit là d’un indice très précieux, car il faut rappeler que nous n’avons aucune information de ce genre dans les manuscrits : ils ne comportent aucune note de provenance avant le milieu du 3e s. H./9e s de notre ère, voire plus tard. En outre, la plupart des manuscrits ont été découverts, à partir des 17e -18e s., rassemblés dans les mosquées de grandes urbains ; des centres qui n’ont peut-être rien à voir avec les lieux de copie. Au contraire, ce palimpseste atteste ici que l’Egypte a bien été un lieu d’activité de la transmission manuscrite du Coran, au moins dès le milieu du 8e siècle.

Deuxièmement, ce nouveau palimpseste vient compléter notre vision des pratiques scribales du Coran. Aujourd’hui, il existe de nombreux témoignages de palimpsestes conservés dans les cultures livresques juives et chrétiennes d’Orient et d’Occident : pour ne donner qu’un exemple, plus de 20% des lectionnaires du NT en majuscule grecque recensés sont des palimpsestes. A l’inverse, nous ne disposons que de quelques palimpsestes pour la copie du Coran (ils représentent environ moins de 0,03% des manuscrits,). L’étude de ces témoins exceptionnels va nous permettre comprendre les enjeux et les contextes dans lesquels de tels artefacts ont été produits. Dans le cas présent, le palimpseste copto-coranique reflète des contraintes économiques qui s’inscrit bien dans la culture livresque de l’Egypte multiculturelle du 8e siècle.

Avons-nous d’autres exemples de palimpsestes coraniques outre le « palimpseste de Christie’s ?

EC : Actuellement nous connaissons 4 autres manuscrits coraniques palimpsestes, chacun ayant été produits dans des contextes différents les uns des autres. Isolons d’emblée le palimpseste Lewis-Mingana de la Bibliothèque de Cambridge : à l’inverse des trois autres, ce dernier comporte des folios à l’origine coraniques qui ont été effacés pour être réutilisés dans un contexte chrétien. Deux autres palimpsestes – l’un probablement du 2e/8e siècle, l’autre plus tardif – ont été découverts dans la collection de San‘a’ ; chacun est proprement coranique[1], qu’il s’agisse du texte effacé ou de celui qui a été réécrit au-dessus. Le troisième palimpseste a été identifié grâce un fac-similé publié au début du 20e s. et conservé à la Staatsbibliothek de Berlin[2]: il s’agit d’un folio provenant de la collection de la Grande mosquée de Damas, comportant un texte certainement en grec, effacé au cours du 3e/9e siècle, pour copier un texte coranique.

Toutefois, il faut rappeler que nous n’avons pas encore de vue d’ensemble de toutes les collections. D’autres palimpsestes existent peut-être dans les collections qui se trouvaient dans les grandes mosquées de Damas ou de San‘a’. D’autres, enfin, ont peut-être circulé en dehors de ces collections, dans des milieux où l’accès aux matériaux d’écriture était plus difficile. En somme, l’extrême rareté de cette pratique de réutilisation du parchemin dans le contexte coranique est peut-être simplement due au hasard de la conservation.

Quelle a été votre première impression lorsque vous avez examiné le palimpseste?

Catherine Louis (CL) : J’ai d’abord été très excitée par cette belle découverte, totalement inattendue. L’écriture sous-jacente montrait des signes d’ancienneté, et le fait qu’elle ait été effacée pour que les fragments soient réutilisés pour la copie d’un Coran est un fait unique. Par ailleurs, certains fragments coptes, les premiers à avoir pu être identifiés, montraient que nous avions affaire à au moins deux passages bibliques, ce qui rendait le lot encore plus intéressant. Les difficultés liées à la lecture du texte sous-jacent rendait encore le tout plus intéressant (c’était une sorte de “challenge”).

Le texte copte inférieur est-il lisible? Si oui, que dit-il?

CL : Deux des fragments présentent une face assez lisible, et ont été identifiés peu après leur découverte par A. Boud’hors (CNRS-IHT, Paris) et A. Suciu (Akademie der Wissenschaften, Göttingen) comme contenant des extraits du Deutéronome et d’Isaïe. Deux autres fragments contiennent eux aussi des extraits du Deutéronome et d’Isaïe, mais ils sont beaucoup moins clairement lisibles. Concernant les cinq fragments restants, je soupçonne deux d’entre eux de contenir eux aussi des extraits bibliques, mais le texte n’est pas assez lisible pour que l’on puisse déterminer avec certitude de quel passage il s’agit. Il nous reste encore trois fragments sur lesquels, malheureusement, on ne déchiffre que quelques lettres, qui ne permettent pas pour le moment de les identifier.

Est-il encore possible de dater le texte inférieur copte?

CL : Oui, approximativement. Nous savons que ces fragments provenaient d’un manuscrit copte qui fut sans doute d’un format assez réduit. Il est écrit dans une majuscule dite “biblique”, (du nom de l’onciale utilisée dans de nombreux manuscrits bibliques grecs anciens). Cette écriture correspond également à celle que l’on retrouve dans différents manuscrits coptes provenant d’égypte et datables des VIème-VIIème siècles, de manière assez sûre, puisqu’ils ont été trouvés lors de fouilles et avec d’autres documents permettant de les dater. Tous ces indices permettent de supposer que ces fragments ont été copiés aux environs du VIIème siècle, voire au VIème siècle, sans que l’on puisse, pour l’instant, préciser la datation, faute d’indications précises quant au lieu de copie des ces fragments et aux circonstances dans lesquelles ils sont apparus sur le marché des antiquités.

D’où provient probablement le palimpseste?

CL : Il n’est pas assuré que le texte copte et le Coran aient été copiés au même endroit: certains palimpsestes contenant un texte sous-jacent en copte ont en effet voyagé, et leur texte sous-jacent a pu être copié dans un lieu, avant que l’on ne décide de récupérer tout ou partie du codex pour le réutiliser, ailleurs en égypte, afin d’y copier d’autres textes, éventuellement dans d’autres langues.

Le manuscrit copte, par ses caractéristiques propres (format, paléographie, langue) a de bonnes chances de provenir de la Moyenne et Haute égypte, d’où nous sont parvenu nombre de manuscrits similaires (dans la région qui va d’Abydos à Hermopolis au moins), mais il demeure difficile de préciser davantage cette question à l’heure actuelle.

EC : Comme je l’ai dit plus haut, les caractéristiques matérielles et textuelles de l’écriture coranique ne permettent pas de l’associer à une pratique régionale en particulier. L’écriture employée suit un modèle diffusé dans l’ensemble des différents centres urbains. Quelques particularités textuelles, qui ont été ajoutées a posteriori, renvoient par contre à une tradition de lecture de Médine ; sachant que cette dernière a été largement diffusée en Egypte. Cette observation concorde par ailleurs avec un ensemble de manuscrits, découverts dans la mosquée de ‘Amr à Fustat, qui présentent les mêmes caractéristiques.

Quelles sont vos études ultérieures sur ce palimpseste?

CL : Il me semble que le plus important serait de pouvoir lire et identifier les fragments coptes de ce lot qui sont restés sans identification. Il faudrait pour cela pouvoir bénéficier de bonne photographies (idéalement des photographies multispectrales) qui permettraient de mieux visualiser le texte sous-jacent. Sans cela, les tentatives d’identification de certains fragments risquent fort d’être vouées à l’échec. Or, il reste la possibilité que certains fragments ne proviennent pas des mêmes livres. Sans photographies de bonnes qualité, il demeure impossible d’affirmer que tous les fragments coptes utilisés dans le codex coranique aient été bibliques. Il s’agit là d’une question important qui ne peut être résolue autrement que par un examen minutieux de la couche inférieure de ces fragments, avec l’aide des technologies modernes dont nous disposons. On peut donc considérer que ces fragments n’ont pas encore livré tous leurs mystères, et qu’il reste du travail pour en tirer le meilleur parti, mais que ce travail ne pourra se faire que s’il est possible d’accéder à nouveau aux originaux.

EC : Avec la reconstruction du texte inférieur, au moyen de l’imagerie multispectrale, on vise plusieurs choses : localiser plus précisément encore le manuscrit d’origine, mais aussi comprendre le processus de transformation du manuscrit copte en manuscrit coranique.

Malheureusement, ce document n’est plus accessible depuis la vente de Christie’s. Malgré notre insistance pour obtenir des images multispectrales des feuillets, l’acquéreur de l’objet ne nous a jamais contacté à ce sujet. Nous espérons que l’étude que nous essayons de mener et de diffuser fera évoluer la situation.


[1] Cellard fait référence à deux palimpsestes coraniques, actuellement conservés au Dar al-makhṭūṭāt au Yémen; explicitement DAM 01-27.1 et DAM 18 – ?. a. Le premier est daté du 1er / 2e siècle, alors que le second est du 3e / 4e siècle.

[2] Une photographie de ce folio a été publiée en 1908 par la Bibliothèque d’État de Berlin. L’édition de 1908 comprenait également des photographies de manuscrits orientaux, rédigés dans diverses langues, précédemment conservées à la Grande Mosquée de Damas. Voir Photographien von ausgewählten Fragmenten aus der Omayyaden-Moschee in Damaskus in verschiedenen Sprachen. Berlin, Staatsbibliothek, Mss. simulata orientalia 6, 1908. pl.3a (Nous remercions E. Cellard de nous avoir fourni ces informations).

The Discovery of an 8th-Century Qur’an Written Over a Coptic Biblical Text: An Interview with Eléonore Cellard and Catherine Louis

[This interview is also available in Arabic and French]

Edited by Ahmed Shaker and Abderrahmane Ettousy

Introduction

In April 2018, Christie’s Auction House offered an early Quranic manuscript for sale as part of its Indian and Islamic World auction, which included oriental carpets and rugs. The Quranic fragment consists of nine miniature folios, the largest being 12.7 x 11.1 cm, and contains partial verses from Sūrat al-Māʼida (verses 40-58; 69-76; 83-88; 116-120) and Sūrat al-Anʻām (Verses 1-9). It is written in late Hijazi or early Kufic style on vertical parchment and dated to the 2nd-century A.H./8th-century C.E. 

Soon after the release of the auction, a French scholar named Eléonore Cellard was able to discover what appears to be a fainted Coptic text laying behind the Quranic text, which is thought to be from the Christian Old Testament. In this sense, it’s a palimpsest; that is a piece of writing material on which later writing has been superimposed on effaced earlier writing. Covering two distinct theological texts, the first layer of the palimpsest (inferior) is Coptic, while the second layer (superior) is the Arabic Quran.

The discovery is considered remarkable, not only because Quranic palimpsests are rare, but also because it is the first time we encounter an example of a Coptic fragment being washed off to make a place for the Qur’an. Moreover, on April 26th, 2018, Christie’s Copto-Quranic palimpsest has reached an outstanding result—in terms of Islamic art auction sales—when the nine fragments fetched the sum of £596,790, that is five times its estimated price (£80,000-£120,000).

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Christie’s Copto-Quranic palimpsest being sold on April 26th, 2018, for £596,790. Source: ChristiesInc/Twitter

To highlight the origins, codicological peculiarities, textual readings, and overall significance of Christie’s Copto-Quranic palimpsest, we had the opportunity to speak to Eléonore Cellard and Catherin Louis, respectively. Cellard is a post-doctorate at the College de France in Paris, where she majors in the study of the textual transmission of the Qur’an in the formative period of Islam, based on the oldest and finest Quranic manuscripts available to her. She is a student of the renowned codicologist François Déroche, and has recently published a book with Brill in 2017, entitled Codex Amrensis 1—a reproduction of an 8th-century Qur’anic fragment, scattered at four different institutions in Europe and the Middle East. As for Catherine Louis, she is a research fellow at the Institute of Research and History of Texts at the Centre national de la recherche scientifique (CNRS) in Paris, where she specializes in the stud of early Egyptian Christianity, cataloguing and editing unpublished Coptic manuscript texts, and examining book’s structure techniques in Egypt around that time. Her contributions can be found at Cahiers de la Bibliothèque copte—a peer-reviewed journal, in which Louis serves as an editor along with her colleague Anne Boud’hors. 

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Christie’s Copto-Quranic palimpsest. In this photograph, You can fairly sight the fainted Coptic text underlying the Quranic text. Source: Christie’s

The Interview

Quranic Manuscripts Studies Blog (QMSB): How did you find out about this palimpsest?

Eleonore Cellard (EC): I discovered this palimpsest by flipping through the Christie’s Islamic Art Sale Catalogue of April 26th, 2018, which was made available online. One of the lots, entitled “nine folios from a rare Late Hijazi or early Kufic small square Qur’an” has fascinated me in particular, for the research I conduct on ancient Qur’an manuscripts dated to the 2nd-century A.H./8th-century C.E. Since the images were in a very good quality, I was able to make enlargements to make sure what was there is not simply traces of wear of the parchment but of an actual erased writing.

However, this discovery is not coincidental. For several months now, I have been working on other palimpsests, attempting first to understand in which cultural and material contexts they appeared in, and what were the techniques used to reveal these erasures. In a way, one can say that my gaze was trained to observe what it was beyond visible writing. Maybe, without this preceding work, the erased text would have escaped my eyes, just as it had escaped the eye of its former owner and the eyes of Christie’s experts. And I must say that, at the time, I thought my imagination had played me a trick.

QMSB: What’s the significance of this discovery?

EC: In my opinion, this document profoundly enriches our knowledge of the handwritten transmission of the Quran, and more generally of the texts in the book culture of the Orient of Late Antiquity. Two elements seem to be particularly important in this perspective.

Firstly, thanks to the erased Coptic script which can be easily located in Egypt, this document gives us a clue to the places of production of the ancient Qur’anic manuscripts. This is a very valuable clue because we must remember that we have no such direct information in the manuscripts themselves. They do not contain any note from before the middle of the 3rd-century AH/9th-century C.E., or even later. In addition to that, most of these manuscripts— which were discovered starting from the 17th-century towards the 18th-century—were collected in the mosques of large urban centers; that may not be related to the actual locations in which the manuscripts were copied. However, this particular palimpsest confirms that Egypt has been a place of business for the textual transmission of the Quran, at least from the mid-8th century.

Secondly, this new palimpsest completes our understanding of the scribal practices of the Quran. Today, there are countless witnesses of palimpsests preserved in the Jewish and Christian book cultures of East and West. To give just one example, more than 20% of identified New Testament Lectionaries in uppercase Greek, are palimpsests. Conversely, we have only a few palimpsests for the Quran (they represent approximately less than 0.03% of the total manuscripts). The study of these exceptional witnesses will enable us to understand the matters and contexts in which such artifacts have been assembled. In this case, the Copto-Quranic palimpsest reflects certain economical constraints that fit well with the book culture of multicultural Egypt in the 8th century.

QMSB: In addition to Christie’s Copto-Qur’anic palimpsest, do we have further examples of Quranic palimpsests in presence today?

EC: Currently, we know 4 other Quranic palimpsests, each one of them were produced in different contexts—aside from Mingana-Lewis palimpsest of Cambridge University Library [Ms. Or. 1287]. In contrast to the other three, the Mingana-Lewis palimpsest contains folios, originally Quranic that has been erased to be reused in a Christian context. The two other palimpsests were discovered in the collection of Ṣan’ā’ in Yemen[1]. Both of the latter palimpsests are entirely Qur’anic; whether it is the erased text or the one that has been rewritten over it.

The third palimpsest was identified through a replica published in the early 20th century[2]. It is a folio from the collection of the Great Mosque of Damascus, with a Greek text being erased during the 3rd-century AH/9th-century CE to transcribe a Quranic text.

However, we must remember that we do not yet have an overview of all the collections. Other palimpsests may exist in the collections found in the great mosques of Damascus or Ṣan’ā. Others, again, may have circulated outside these collections in environments where access to writing materials was more difficult.

In conclusion, the extreme rarity of this practice of parchment reuse in the Quranic context is, perhaps, due to lack of conservation’s procedures.

QMSB: What was your first impression when you examined the palimpsest?

Catherine Louis (CL): I was initially very excited by this beautiful, completely unexpected discovery. The underlying writing showed signs of seniority, and the fact that it was erased for the fragments to be reused for copying a Quran, is unique. In addition, some Coptic fragments, the first to have been identified, showed we were dealing with at least two biblical passages, which made the lot even more interesting. The difficulties of reading the underlying text made the whole thing more exciting (it was a kind of challenge).

QMSB: Is the inferior Coptic text legible? If yes, what does it say?

CL: Two of the fragments have a rather readable view, and were identified shortly after their discovery, by A. Boud’hors (CNRS-IHT, Paris) and A. Suciu (Akademie der Wissenschaften, Göttingen) as containing excerpts from Deuteronomy and Isaiah. Then two other fragments which also contain excerpts from Deuteronomy and Isaiah were identified, but they are much less clearly legible. Regarding the remaining of the five fragments, I suspect that two of them also contains biblical excerpts, but the text is not legible enough to determine with certainty which passage it is. We still have three fragments on which we, unfortunately, only decipher a few letters that do not allow for the moment to identify them.

QMSB: Is it possible yet to date the lower Coptic text?

CL: Yes, approximately. We know that these fragments came from a Coptic manuscript which was probably of a rather small size. It is written in the so-called “biblical” capital (from the name of the uncial used in many ancient Greek Bible manuscripts). This writing also corresponds to what is found in various Coptic manuscripts originating in Egypt and were datable, quite safely, to the 6th-7th centuries; as they were found during excavations alongside other dated documents. These indices allow to suppose that these fragments were copied around the seventh century—maybe even in the sixth century—but at the moment, we can not provide a precise dating due to lack of specific indications as to where these fragments were made and the circumstances surrounding its appearance in the antique markets.

QMSB: Where does the palimpsest probably come from?

CL: it is not certain that the Coptic text and the Quranic text were copied in the same place. Some palimpsests containing an underlying text in Coptic have indeed travelled, and their underlying text may have been copied elsewhere before the manuscript or part of it was acquired in Egypt and other copies of it were reproduced; they may have been written in other languages.

The Coptic manuscript with its own characteristics (size, paleography, and language) is likely to come from the Middle and Upper Egypt, where we have obtained many similar manuscripts (in the areas from Abydos to Hermopolis, at least), but it remains difficult to further clarify this issue at this time.

EC: As I said above, the material and textual characteristics of Quranic writing do not allow us to associate it with a particular regional practice. The writing used follows a model disseminated in all the different urban centers. Some textual features, which have been added later, refer to a tradition of Medinan reading; knowing that the latter has been widely disseminated in Egypt. This observation also concords with a set of manuscripts, discovered in the Mosque of ʿAmr in Fusṭāṭ, which have the same characteristics.

QMSB: What are your further studies on this palimpsest?

CL: It seems to me that the most important work would be to read and identify the Coptic fragments of this lot, which are still remained without identification. This would require good photographs (ideally multispectral photographs) that would better visualize the underlying text. Without this step, attempts to identify certain fragments are likely to fail. However, there remains a possibility that some fragments do not come from the same book. Without good quality photographs, it remains impossible to say that all the Coptic fragments used in the Quranic codex have been biblical. This is an important question that can only be solved by careful examination of the lower layer of these fragments, with the help of the modern technologies at our disposal. We can, therefore, consider that these fragments have not yet revealed all of their mysteries, and that there is still due work to get the best out of it, but this work can only be done as it become possible to access the originals again.

EC: With the reconstructing of the lower text, using multispectral imaging, we aim at several things: to precisely locate the original manuscript, and also to understand the process of transformation of the Coptic manuscript into a Quranic manuscript.

Unfortunately, this document is no longer available since the sale of Christie’s. Despite our insistence on obtaining multispectral images of the fragments, the purchaser of the object never contacted us about it. We hope that the study we are trying to conduct and publish will change the situation.


[1] Cellard is referring to two Quranic palimpsests, currently kept at the Dar al-makhṭūṭāt in Yemen; explicitly DAM 01-27.1 and DAM 18-?.a. The first is dated to the 1st/2nd-century A.H, while the second is from the 3rd/4th-century A.H.

[2] A photograph of this folio was published in 1908 by the Berlin State Library. The 1908 edition also included photographs of oriental manuscripts, written in a variety of languages, and were previously stored at the Great Mosque of Damascus. See Photographien von ausgewählten Fragmenten aus der Omayyaden-Moschee in Damaskus in verschiedenen Sprachen. Berlin, Staatsbibliothek, Mss. simulata orientalia 6, 1908. pl.3a.

We thank E. Cellard for providing us with this information.

اكتشاف مخطوط قرآني منسوخ على بقايا نص قبطي من الكتاب المقدس: حوار مع إلينور سيلار وكاثرين لويس

[يمكن قراءة هذا الحوار بالإنجليزية والفرنسية]

حوار وتحرير: أحمد وسام شاكر وعبد الرحمن الطوسي

مقدمة:

في أبريل 2018، عرضت دار كرستيز اللندنية مخطوطاً قرآنياً مبكراً للبيع؛ ضمن مزادها المخصص لعالم الفن الإسلامي والهندي الذي يشتمل على سَّجاجيد وبُسُط شرقية. المخطوط القرآني، الذي يُعرض لأول مرة، عبارة عن 9 قطع صغيرة الحجم، يبلغ مقاس أكبرها 12.7 x 11.1سم، ويتضمن آياتٍ متفرقة من سورة المائدة (الآيات 40-58؛ 69-76؛ 83-88؛ 116-120) وسورة الأنعام (الآيات 1-9). والمخطوط مكتوب بالخط الحجازي أو الكوفي المبكر على مادة الرَّق، ويعود تاريخه إلى القرن الثاني الهجري/الثامن الميلادي([1]). وسُرعان ما تتبين أن المخطوط القرآني الذي عرضته كرستيز هو في الأصل “طِرس“؛ أي رَّق أعيد استعماله لنسخ نص جديد، فقد استطاعت باحثة فرنسية – هي إلينور سيلار – تعقب آثار كتابة قبطية ممحوة في الرقوق التسعة؛ يُعتقد أنها من أحد أسفار العهد القديم من الكتاب المقدس([2])؛ الشيء الذي يجعل منه اكتشافاً فريداً من نوعه، ليس فقط لأن الطروس القرآنية تُعد على الأصابع، بل لأن إعادة استعمال مخطوط قبطي لنسخ نص قرآني فوقه؛ يعد في حد ذاته اكتشافاً جديداً، كما أنه يشير إلى وجود تلاقح بين الثقافات الدينية في مصر القرن الثاني الهجري.

وفي 26 أبريل 2018، بيع الطِرس “القبطو-قرآني” في المزاد العلني بمبلغ وقدره 596,750 ألف جنيه إستريليني، وهو ما يعادل خمسة أضعاف السعر التوقعي الذي كان في حدود 80-120 ألف جنيه إسترليني([3])

ولتسليط الضوء على هذا الاكتشاف الهام، اتيحت لنا فرصة الحديث لكلٍ من إلينور سيلار Eléonore Cellard وكاثرين لويس Catherine Louis. وسيلار على زمالة ما بعد الدكتوراه بالكوليج دو فرانس في باريس، إذ تهتم بدراسة النقل الكتابي للنص القرآني من خلال أقدم المخطوطات القرآنية المتبقية، وقد نُشر لها في هذا السياق عن دار بريل Brill في 2017 كتاب بعنوان Codex Amrensis 1، وهو دراسة لمصحف على الرَّق من القرن الثاني الهجري، تتقاسم أوراقه المتناثرة عدة مكتبات حول العالم. أما كاثرين لويس، فهي باحثة في معهد البحوث وتاريخ النصوص التابع للمركز الوطني الفرنسي للبحث العلمي (CNRS) في باريس، حيث تهتم بدراسة ثقافة المسيحية المبكرة في مِصر، وتحرير وفهرسة المخطوطات المكتوبة باللغة القبطية، ومعرفة طُرُقْ صناعة الكُتُب في تلك الحقبة. وهي تشارك أيضاً في تحرير دورية “Cahiers de la Bibliothèque copte” المُحكمة.

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“طِرس كرستيز” القبطو-قرآني، ويمكن تمييز النص القبطي الذي يظهر بلون باهت أسفل النص القرآني. مصدر الصورة: Christie’s

الحوار:

المخطوطات القرآنية: كيف اكتشفتم هذا الطِرس؟

إلينور سيلار (إلينور): اكتشفتُ هذا الطِرس أثناء تصفحي لفهرس مبيعات يوم 26 أبريل 2018 للفن الإسلامي بمزادات كرستيز؛ والذي أتيح على شبكة الإنترنت. وقد أثارت إحدى القطع المعروضة للبيع بعنوان «تسعة رقوق من مصحف حجازي متأخر نادر أو مصحف مربع كوفي قديم صغير الحجم»؛ اهتمامي بشكل خاص، ذلك أن أبحاثي تنصب في مجال المخطوطات القرآنية القديمة التي تعود للقرن الثاني الهجري/الثامن الميلادي. لقد كانت صور المخطوط عالية الجودة، فاستطعت تقريبها وتكبيرها، ليتأكد لي أن الآثار الموجودة بالمخطوط هي آثار كتابة سابقة ممحوة لا آثاراً لاهتراء الجلد.  

لم يكن هذا الاكتشاف وليد الصدفة، فمنذ شهور عديدة وأن مشتغلة بطروس أخرى قصدَ فِهم السياق الثقافي والمادي لظهورها، وأيضاً لمعرفة الأساليب المعتمدة لإعادة إظهار هذه الكتابة الممحوة. يمكنني القول أن نظري كان يحدقُ إلى ما وراء الكتابة المنظورة. لربما من دون هذا العمل القبلي، لغفلتُ عن النص الممحو مثلما غَفِلَت عنه عين مالك المخطوط الأصلي وأعين خُبراء كرستيز، ويسعني القول أني ظننتُ – حال اكتشافي للنص – أني كنت أتوهم.

المخطوطات القرآنية: ما مدى أهمية هذا الاكتشاف؟

إلينور: في رأيي، هذه الوثيقة تغني معرفتنا بشكل كبير بالانتقال الخطي لمخطوطات القرآن، وأيضا انتقال النصوص بشكل عام داخل ثقافة الكتاب في الشرق في العصور المتأخرة. ويظهر لي أن هناك عنصران مهمان في هذا الإطار.

الأول، أنه بفضل الكتابة القبطية الممحوة التي يمكن بسهولة تحديد موطنها في مصر، فإن هذه الوثيقة سترشدنا إلى أماكن إنتاج المخطوطات القرآنية القديمة. فهو إذاً دليل قيم جداً، لأننا لا نملك أي معلومة من هذا النوع في المخطوطات، فإنها لا تحتوي أي ملاحظة عن مصدرها قبل أواسط القرن الثالث الهجري/التاسع الميلادي، أو ربما بعد هذا التاريخ. بالإضافة لذلك، فإن أغلبية المخطوطات قد اكتشفت ابتداءًا من القرنين السابع عشر والثامن عشر الميلاديين؛ مجمعةً من مساجد المدن الكبرى، والتي ربما لا علاقة لها بأماكن نَسخْ هذه المخطوطات. أما بالنسبة لهذا الطِرس، فالأمر على خلاف ذلك، لأنه يدلل على أن مصر كانت بالفعل مكاناً للنقل الخطي لمخطوطات القرآن، على الأقل منذ منتصف القرن الثامن الميلادي.

الثاني، أن هذا الطِرس الجديد جاء ليكمل تصورنا عن ممارسات نَسخْ القرآن. إننا اليوم نمتلك العديد من الشواهد المحفوظة عن الطروس في ثقافات الكتب اليهودية والمسيحية في الشرق والغرب، والمثال على ذلك أن أكثر من 20% من مخطوطات العهد الجديد اليونانية المجرودة، ذات الخط الكبير، هي عبارة عن طروس. وعلى خلاف ذلك، فإننا لا نملك سوى بعض الطروس القرآنية (تمثل حوالي 0,03% من المخطوطات). إن دراسة هذه الشواهد الاستثنائية ستمكننا من فهم القضايا والسياقات التي تم فيها تصنيع هذه القطع. في حالتنا السابقة، فإن الطِرس القبطو-قرآني يعكس قيوداً اقتصادية تتناسب بشكل جيد وثقافة الكتاب بمصر القرن الثامن الميلادي متعددة الثقافات.

المخطوطات القرآنية: هل بحوزتنا نماذج أخرى لطروس قرآنية عدا «طرِس كرستيز»؟

إلينور: نحن حالياً نحيط علماً بأربع نُسَخ أخرى من الطروس القرآنية، كل واحدة منها قد أنتجت في سياقات مختلفة عن بعضها البعض. لو بدأنا بطِرس منجانا-لويس المحفوظ في مكتبة كامبريدج [Or. 1287]، فإنه على عكس الطروس الثلاثة الأخرى، يحتوي رقوقاً في أصلها قرآنية تم محوها لإعادة استعمالها في سياق مسيحي. هناك أيضا طرسان آخران، أحدهما من القرن 2هـ/8م والأخر متأخر؛ تم اكتشافهما بين مصاحف صنعاء([4]). وهما طرسان قرآنيان بشكل كامل سواء النص الذي محي والنص المعاد كتابته. والطرس الثالث تم التعرف عليه بواسطة نسخة فوتوغرافية نشرت له في بدايات القرن العشرين([5])، وهو رق يعود أصله لمصاحف المسجد الكبير بدمشق، يحتوي نصاً يونانياً، حك خلال القرن 3هـ/9م ليستبدل بنص قرآني.

لكن، يجب التذكير أننا إلى الآن ليس لدينا نظرة شاملة على كل مجموعات المخطوطات، لربما توجد طروس أخرى في مجموعات المخطوطات التي توجد في المساجد الكبرى لدمشق أو صنعاء. ولعل بعض الطروس الأخرى قد تدولت خارج هذه المجموعات، في الأوساط التي كان فيها الوصول إلى مواد الكتابة أكثر صعوبة. وباختصار، فإن الندرة الشديدة لهذا النوع من إعادة استعمال الرَّق في السياق القرآني ربما مردها، ببساطة، لعشوائية الحفظ.

المخطوطات القرآنية: ما كان انطباعك عندما تفحصتِ هذا الطِرس؟

كاثرين لويس (كاثرين): لقد كنتُ في البداية جد متحمسة بهذا الاكتشاف الجميل الغير متوقع. إن الكتابة التحتية تظهر علامات على الأقدمية، وحقيقة أنها حُكَّت ليتم إعادة استعمال الرقوق في نَسخْ مصحف لهو أمر فريد. بالإضافة إلى ذلك، أظهرت بعض المقتطفات القبطية، التي أستدلَ عليها في بادئ الأمر، أننا كنا نتعامل مع مقطعين على الأقل من الكتاب المقدس، مما جعل هذه القطعة مثيرة جداً للاهتمام. والصعوبات في قراءة النص التحتي جعلت الأمر برمته أكثر إثارة للاهتمام. (إنه نوع من التحدي).

المخطوطات القرآنية: هل النص القبطي التحتي مقروء؟ فإن كان كذلك، فماذا يقول؟

كاثرين: هناك رقان يقدمان واجهة مقروءة، وتم التعرف عليهما بعد وقت وجيز من اكتشاف كل من A. Boud’hors و A. Suciu أنهما تحتويان اقتباسات من سفر التثنية وأشعياء. وهناك رقان آخران، عدا السابقين، يحتويان أيضاً على اقتباسات من سفر التثنية وأشعياء، لكن نصهما غير مقروء بوضوح. أما فيما يخص الرقوق الخمسة المتبقية، فإني أشك في رقين منها أنهما يحتويان أيضاً اقتباسات من الكتاب المقدس، لكن نصوصهما غير مقروءة بوضوح بدرجة كافية لتأكيد ماهية المقاطع المقتبسة. ويتبقى لدينا ثلاثة رقوق لا نقرأ منها، للأسف، سوى بِضعة أحرف لا تمكننا حالياً من تحديد ماهية النص.

المخطوطات القرآنية: هل ما زال من الممكن تأريخ النص القبطي التحتي؟

كاثرين: نعم، بشكل تقريبي. فإننا نعلم أن هذه الرقوق تعود لمخطوط قبطي كان بلا شك ذا حجم صغير إلى حد ما. وقد كتب بخط كبير يدعا “الخط الكتابي” (الخط الذي استعمل في كتابة العديد من المخطوطات الكتابية القديمة باللغة اليونانية). هذا الخط ينسجم مع الخط الذي نجده في المخطوطات القبطية المختلفة الآتية من مصر والتي يعود تاريخها للقرن السادس-السابع الميلاديين بشكل شبه مؤكد، ذلك لأنه عثر عليها خلال التنقيبات مع وثائق أخرى تمكننا من تأريخها. كل هذه الدلائل تسمح بافتراض أن هذه الرقوق قد تم نسخها في القرن السابع الميلادي تقريباً، ولعله في القرن السادس الميلادي، دون أن نستطيع حتى الآن تحديد التاريخ بدقة، بسبب عدم وجود المؤشرات الدقيقة التي تخص مكان نسخ هذه الرقوق والظروف التي ظهرت خلالها في أسواق العصور القديمة.

المخطوطات القرآنية: من أين جاء هذا الطرس؟

كاثرين: ليس من المؤكد أن النص القبطي والنص القرآني قد نسخا في المكان ذاته، لأن عدداً من الطروس التي تحتوي نصاً تحتياً قبطياً قد هاجرت بالفعل. ولربما نُسِخَ نصها التحتي في مكان آخر قبل أن يتم حيازة المخطوط – أو جزء منه لإعادة استعماله – في مصر واستنساخ نصوص أخرى عليه؛ ربما كانت مكتوبة بلغات أخرى.

هناك احتمالية قوية بأن يكون المخطوط القبطي قد جاء من مصر العليا والوسطي، وذلك بسبب خصائصه (الشكل، الخط، واللغة)، فإن العديد من المخطوطات المشابهة قد جاءتنا من تلك المنطقة (من أبيدوس إلى هرموبوليس على الأقل)، لكن مناقشة هذه المسألة بوضوح ما يزال صعباً في الوقت الراهن.

إلينور: كما أسلفت، فإن الخصائص المادية والنصية للكتابة القرآنية لا تسمح بنسبة الطرس لمنطقة بعينها، فإن الكتابة المستعملة ذات طابع منتشر في عموم المراكز الحضرية. إلا أن بعض الخصوصيات النصية التي تم إضافتها لاحقاً، تدل على تقليد مدني في القراءة، تقليد كان ذا انتشار واسع في مصر. وبالمناسبة، فإن هذه الملاحظة تنسجم وعدد من المخطوطات المكتشفة في جامع عمرو بن العاص التي لها نفس تلك الخصائص.

المخطوطات القرآنية: ماهي دراساتكم المستقبلية على هذا الطِرس؟

كاثرين: يبدو لي أن القضية الأهم تتمثل في قراءة وتعيين النصوص القبطية للرقوق التي لم نتمكن حتى الآن من التعرف عليها، وهذا يتطلب الحصول على صور ذات جودة عالية للرقوق (الأفضل أن تكون صوراً متعددة الأطياف) تسمح بمعاينة النص التحتي بشكل أفضل، وبدون ذلك، فإن محاولات الكشف عن محتوى الرقوق ستبوء بالفشل. وما دام هناك احتمالية أن بعض الرقوق لا تنتمي لنفس الكتاب، فإننا بدون الصور عالية الجودة، لن يمكننا تأكيد أن كل الرقوق القبطية المستعملة لكتابة النص القرآني تحتوي نصوصاً كتابية. إن الأمر جد مهم ولا يمكن الفصل فيه إلا بفحص دقيق للطبقة التحتية للرقوق بمساعدة التقنيات الحديثة التي بحوزتنا. إذاً، يمكننا أن نعتبر أن هذه الرقوق لم تسلمنا بعد كل أسرارها، وأن أمامنا عمل جاد لن يتم إلا إذا كان بوسعنا الاطلاع على الأصول مرة أخرى.

إلينور: إننا نطمح عبر إعادة تكوين النص التحتي بواسطة الصور المتعددة الأطياف، لعدة أمور منها: أن نحدد بدقة أكبر حالة المخطوط في أصله، وأيضاً فهم كيفية تحول المخطوط من مخطوط قبطي إلى مخطوط قرآني.

للأسف، لقد صارت هذه الوثيقة غير متاحة منذ أن بيعت في مزادات كرستيز، ومع إلحاحنا على المشتري من أجل الحصول على صور متعددة الأطياف منها، فإننا لم نلقَ رداً منه على هذا الطلب، ونحن نأمل أن تكون الدراسة التي نحاول إعدادها ونشرها أن تساعد في تحسين الموقف.


([1]) “An Unrecorded Qur’an Palimpsest Copied on an Earlier Coptic Bible, Probably Egypt, Second Century AH/Circa 8th Century AD and Earlier”. Christies, 2018, https://www.christies.com/lotfinder/Lot/an-unrecorded-quran-palimpsest-copied-on-an-6133060-details.aspx.  Accessed 7 Jan 2019.

([2]) Flood, Alison. “Passages From The Bible Discovered Behind Qur’an Manuscript”. The Guardian, 2018, https://www.theguardian.com/books/2018/apr/25/passages-from-the-bible-discovered-behind-quran-manuscript-christies. Accessed 7 Jan 2019.

([3]) Outstanding Results For An Unrecorded Qur’An Palimpsest Copied On An Earlier Coptic Bible As It Achieves £596,750. 2018, https://www.christies.com/presscenter/pdf/9005/Christie’s%20Media%20Alert%20-%20Palimpsest%20Results_9005_1.pdf. Accessed 14 Jan 2019.

([4]) هذان الطرسان محفوظان اليوم بدار المخطوطات اليمنية برقم DAM 01-27.1 و DAM 18-?.a. يرجع المخطوط الأول إلى القرن الأول/الثاني الهجري، أما الثاني فمن القرن الثالث/الرابع الهجري. (المحرران).

([5])  نشرت صورة فوتوغرافية من هذا الطِرس في كتاب من إصدار مكتبة برلين الحكومية عام 1908، وقد تضمن هذا الإصدار صوراً لمخطوطات شرقية، مكتوبة بلغات مختلفة، كانت محفوظة في الجامع الكبير بدمشق. انظر:

Photographien von ausgewählten Fragmenten aus der Omayyaden-Moschee in Damaskus in verschiedenen Sprachen. Berlin, Staatsbibliothek, Mss. simulata orientalia 6, 1908. pl.3a.

نشكر إلينور سيلارد على إمدادنا بهذه المعلومات (المحرران).

علوم القرآن الكريم بين المصادر والمصاحف المخطوطة

غلاف الكتاب

صدرَ للدكتور غانم قدوري الحمد كتابٌ جديد بعنوان علوم القرآن الكريم بين المصادر والمصاحف المخطوطة: دراسات تطبيقية في مصاحف مخطوطة، عن مركز تفسير ودار الغوثاني للدراسات القرآنية. ويعتبر هذا الكتاب، التأسيسي في نظرنا، من المقاربات العلمية الجديدة (والمطلوبة) لربط عدد من مباحث علوم القرآن الكريم، وتطبيقاتها المباشرة، على المصاحف المخطوطة المتوفرة اليوم. وفيما يلي مقدمة الكتاب بقلم مؤلفه([1]):

الحمد لله، والصلاة والسلام على سيدنا محمد رسول الله، أما بعد فإن ما كتب في علوم القرآن الكريم في القديم والحديث يشكل مكتبة ضخمة، وهي بين أبحاث مفردة ورسائل خاصة بموضوعات معينة، وبين مؤلفات موسوعية ضخمة تتناول الموضوعات الأساسية التي تختص بتنزيل القرآن الكريم، وتدوينه، وقراءته، وتفسيره. 

ويمكن للدارس أن يذكر عشرات الكتب والبحوث في كل موضوع من هذه الموضوعات، ولكنني لست بصدد تتبع ذلك في هذا الكتاب، لأن الهدف من تألف هذا الكتاب هو النظر في موضوعات علوم القرآن التي لها جانب تطبيقي انعكس على المصاحف المخطوطة، بصورة ما، ومحاولة الإفادة من النظر في تلك المصاحف لتعزيز المادة العلمية العلمية التي تنضمنها كتب علوم القرآن الكريم. 

وقد اخترتُ خمسةً من علوم القرآن للحديث عنها من خلال ما تقدمه المصاحف المخطوطات من معلومات تتعلق بها، وهي:

  1. علم رسم المصحف.
  2. علم النقط والشكل (أو علم الضبط).
  3. علم العدد والتجزئة والتحزيب.
  4. علم القراءات القرآنية.
  5. علم الوقف والابتداء.

وعلى كُثرة ما كُتِبَ في هذه الموضوعات لم يستفد في تحقيق بعض مسائلها من النظر في المصاحف المخطوطة التي تمثل الجانب التطبيقي لكثير من مباحث هذه العلوم، ووجدتُ من خلال نظري في المصاحف المخطوطة، وكتابتي عدداً من الأبحاث التي تدور حول موضوعات تتعلق بها، أن المصاحف المخطوطة يمكن أن توضح جوانب من تلك الموضوعات، من خلال ما اثبتهُ الخطاطون فيها من رسوم وعلامات، تتعلق بالضبط، وعد الآي، والقراءات، والوقف، والابتداء، وينبغي لكل دارس لعلوم القرآن الكريم بعامة، والعلوم التي ذكرتُها بخاصة، الرجوع إليها والإفادة منها.

وهناك آلاف المصاحف المخطوطة في مختلف المكتبات العالمية، من القرن الهجري الأول إلى عصرنا الحاضر، لا تزال البحوث المكتوبة عنها محدودة، لسببين، الأول: أن الاطلاع على تلك المصاحف كان أمراً في غاية الصعوبة، والثاني: عدم التفات المشتغلين بعلوم القرآن إلى أهمية المصاحف المخطوطة فيما يشتغلون فيه، وقد زالت في السنين الأخيرة كثير من العقبات التي كانت تحول دون الاطلاع عليها، وآمل أن تكشف بحوث هذا الكتاب عن أهمية النظر في المصاحف المخطوطة ودراستها، وعن ضرورة اهتمام المشتغلين بعلوم القرآن الكريم بالرجوع إليها.

ويتألف هذا الكتاب من تمهيد في التعريف بالمصاحف المخطوطة، وعلاقة علوم القرآن بها، وبيان منهجي في الإفادة منها، وخمسة فصول، كل فصل يتناول أحد علوم القرآن التي لها جانب تطبيقي في المصحف وهي:

الفصل الأول: علم رسم المصحف، وجوانبه التطبيقية في المصاحف المخطوطة.

الفصل الثاني: علم النقط والشكل (أو علم الضبط)، وجوانبه التطبيقية في المصاحف المخطوطة.

الفصل الثالث: علم العدد، والتجزئة والتحزيب، وجوانبه التطبيقية في المصاحف المخطوطة.

الفصل الرابع: علم القراءات، وجوانبه التطبيقية في المصاحف المخطوطة.

الفصل الخامس: علم الوقف والابتداء، وجوانبه التطبيقية في المصاحف المخطوطة.

ولا يهدف هذا الكتاب إلى الحديث المفصل عن هذه العلوم، فذلك أوسع من أن يحاط به هنا، ومن ثم سوف أكتفي بتعريف موجز بكل علمٍ من العلوم المذكورة، والإشارة إلى أهم موضوعاته ومسائله، وأهم مصادره، ثم النظر في انعكاس تلك الموضوعات والقضايا في المصاحف المخطوطة، والوقوف عند ما يمكن أن تقدمه في هذا المجال.

ولا يخفى على القارئ أن هذا الكتاب قد يكون أول كتاب ينحو هذا المنحى في دراسة علوم القرآن الكريم، ومن ثم فإنه قد يعاني من بعض النواقص التي قد تصاحب المحاولة الأولى، وآمل أن تستكمل من خلال ملاحظات أهل الاختصاص، ومن خلال البحوث اللاحقة التي آمل أن تنطلق في هذا الميدان، إن شاء الله.

وهناك عقبة أخرى تعترض الدارس في هذا المجال، وهو كثرة المصاحف التي يجب الاطلاع عليها والقراءة فيها، ومع أن المتاح منها الآن يعتبر قليلاً بالنسبة إلى عددها الكبير الموجود في المكتبات العالمية، إلا أن ما يجده الدراس متاحاً منها في الشبكة الدولية للمعلومات كبير جداً، يُعدُّ بالعشرات، إن لم يكن بالمئات، ومن ثم فقد اخترت عدداً محدوداً منها، يمثل عصوراً متعددة، حتى يمكن استخلاص المادة تبنى عليها فصول هذا الكتاب.

ويلزمني وأنا أختم هذه المقدمة توجيه الشكر للصديقين الكريمين، الأستاذ عمار محمد الخطيب، والدكتور إياد سالم صالح السامرائي، على قراءتهما الكتاب قبل دفعه إلى المطبعة، واستدراك بعض ما وقع فيه من هفوات، جزاهما الله تعالى كل خير. 

وأشكر القائمين على مركز تفسير لموافقتهم على طبع الكتاب ضمن مطبوعات المركز، وأشكر كل من تواصل معي معرباً عن تقديره لموضوع الكتاب ورغبته في نشره. واسأل الله تعالى أن يتقبل هذا العمل، وأن يبارك فيه، ليكون فاتحة أعمال علمية تخدم القرآن الكريم وعلومه، إنه ولي التوفيق. 

([1]) نشكر الدكتور إياد سالم صالح السامرائي الذي خصنا بهذه المقدمة.

عن المستشرق الألماني برنهارد موريتز أو كتاب «الباليوغرافيا العربية» (1905)

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Arabic Palaeography by Bernhard Moritz (Cairo, 1905). Courtesy of the Department of Rare Books and Special Collections, Mcgill University. Photograph Ahmed Shaker

برنهارد موريتز مستشرق ألماني، رحلَ بين العراق والمغرب لإقتناء المخطوطات والآثار الجغرافية، وقد وسمه يوهان فوك صِفة العلم بالمشرقيات من العرق إلى المغرب عمل موريتز أميناً لمكتبة معهد اللغات في برلين (1887–1896)؛ مديراً للكتبخانة الخديوية بالقاهرة (1896–1911)؛ ثم ومديراً لمكتبة معهد اللغات الشرقية (1911–1924).

من مؤلفاته: «قطع عربية من تأليف أهل زنجبار وعمان» (برلين 1892)، و«مجموعة الخطوط العربية من القرن الأول الهجري حتى عام 1000هـ» (القاهرة 1905)، و«جغرافية الجزيرة العربية الطبيعية والتاريخية» (هانوفر 1925) و«التحفة السنية بأسماء البلاد المصرية» لابن الجيعان بالعربية والألمانية، وغيرها. ومن دراساته: «البتراء» (1908)، و«ابن سعيد الصقلي» (1910)، و«الآثار العربية في سيناء» (1910)، و«فرمانات السلطان سليم الأول» (1915) و«قواعد العربية» (1933) و«من تاريخ الجزيرة العربية» (1935).

في هذا المقال، نلقي الضوء على كتاب موريتز الموسوم «مجموعة الخطوط العربية من القرن الأول الهجري حتى عام 1000هـ» أو اختصاراً: البيالوغرافيا العربية Arabic Palaeography.

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Auctioned Leaf of Ṣan‘ā’ Palimpsest, Possibly Acquired by a Turkish Private Collector

By Ahmed Shaker

After the discovery of a missing folio from Ṣan‘ā’ Palimpsest at the Louvre Abu Dhabi last week, it seems I was lucky enough to find more interesting stuff in this respect. As you remember, the Palimpsest has now 81 folios, preserved mainly at Dar al-Makhṭūṭāt and the Eastern Library in Yemen, in addition to 4 folios, which were stolen and sold at European auction houses like Christie’s, Sotheby’s, and Bonham’s starting in 1992 through 2008. One of these 4 folios was sold at Christie’s on April 8, 2008. This auction was unprecedented, as the Quranic leaf broke the world auction record for any Islamic manuscript by fetching the sum of £2,484,500. In their Fine Books’ Annual Report on the Top Auction Sales of 2008, Ian McKay and P. Scott Brown observes the following:

“High prices have been paid in the past for illustrated and highly decorative Eastern manuscripts—for groups or even individual leaves from the great Persian epic, the Shahnama, and for purely calligraphic manuscripts of the Qur’an,”

adding,

“In very recent times, however, there has been a marked increase in prices for very early, often single leaf specimens of Islamic calligraphy.”

If you have purchased a single Quranic leaf for 3 million US dollars–that is 20 times its original price–do you really want people to know your real identity? Of course not. Moreover, auction houses withheld names. They refer to buyers as either ‘anonymous’, or ‘private’ collectors. In this regard, I speculate this folio went to a Turkish private collector. This blogpost will try to figure this out after highlighting a few introductory points.

The Lost Folios 

Ṣan‘ā’ Palimpsest and other fragments, mostly Quranic, were discovered at the false ceiling of the Great Mosque in Ṣan‘ā’ in 1972. It was Qāḍī Ismā’īl ibn al-Akwa’ (d.2008), then the president of the Yemeni Antiquities Authority, who arranged to store the newly-discovered fragments, which filled 20 potato sacks, at the National Museum. But, as he saw the number of parchments was decreasing, he decided to move it back to the Western Library (al-Maktabah al-Gharbīyah), and lastly to Dar al-Makhṭūṭāt where it remains since. Evidently, some official workers were stealing the loose leaves and selling it to foreign antique dealers. In Yemen, such prohibited activities are common. Moreover, as the manuscripts were unbound, it was easier for someone in charge to take off the leaves without anyone noticing them. After all, if you don’t watch closely and count the leaves yourself, you will never know what has been missing. This explains, partially, how some folios of the Palimpsest went missing, consequently finding its way through European auction houses in the 1990s through 2008.

Fortunately, in the winter of 1996, German art historian Hans-Caspar Graf von Bothmer had microfilmed more than 35,000 images of the manuscripts discovered in 1972. This suggests that if any Quranic folio went missing after 1996, it would likely to be found in the microfilm of Von Bothmer. But who can access this microfilm? A very limited people indeed. As I heard from David Hollenberg, director of The Yemeni Manuscript Digitization Initiative, the Germans had made an agreement with the Yemenis, that they won’t release the photographs to the public. “They did not want the microfilm having the effect of diminishing the importance of visiting and doing research of the original,” said Hollenberg. The purpose behind making this microfilm was “merely a safeguard in case anything happened to the original,” he said.

Christie’s 2008 folio

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Christie’s 2008 folio, recto and verso

The folio was identified to be part of Ṣan‘ā’ Palimpsest in 2008. It’s thought to be from the mid-7th century CE, with a possible linkage to Medina. Written in Hijazi script, the folio has parts of al-Nisāʼ [4:171-176] and al-Māʼida [5:1-10]. It measures 36.3 x 28cm, with 28-30 lines to the page. Verses are separated by clusters of short sepia dashes, one medallion of red, green, and sepia. There are wear around the edges and some minor areas of holing. On April 8, 2008, the folio was sold to a ‘private’ collector for £2,484,500. Similarly, another folio of the Palimpsest, which has parts of al-Baqarah, was sold by Christie’s on May 1, 2001, for £163,250.

A Possible Turkish Owner 

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Christie’s 2008 (verso), uploaded by a Turkish user on Pinterest. Probably photographed in 2017

Back to the original question of this post: How do I possibly know the Christie’s 2008 folio was acquired by a Turkish private collector? I have found a photograph on Pinterest, which bears the verso side of Christie’s 2008 folio. The user who uploaded the photograph is Turkish. He added the following description to it: “We own this Islamic Quran page. We think it is very early on vellum.”  When you navigate through his pins on Pinterest, you will realize he owes special interest to Islamic calligraphy. Although you can’t know precisely the date of the photograph, his ‘Kufic’ pin itself was updated last year. My scenario would be that the Christie’s 2008 folio was acquired by a Turkish private collector, whom he likely uploaded on Pinterest with the aim of boasting. We may never know his identity, but I have a feeling that the Quranic folio would appear in a collection or catalogue in Turkey within the forthcoming years.

The discovery of an early Quranic leaf at Louvre Abu Dhabi, belonging to Ṣan‘ā’ Palimpsest

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An early Qur’anic leaf (Q.5:18-28) in Hijazi style at the Louvre Abu Dhabi, of which Ahmed Shaker has identified to be part of the famous ”Ṣan‘ā’ Palimpsest’. Photograph Ahmed Al-Yammahi

By Ahmed Shaker

‘Ṣan‘ā’ Palimpsest’, ‘DAM 01-27.1’, or ‘Codex Ṣan‘ā’’ 1’ are all designations of a well-known Qur’anic manuscript. The manuscript was discovered, amongst nearly 1000 Qur’anic fragments, at the false ceiling of the Great Mosque in Ṣan‘ā’, Yemen in the 1970s. The manuscript is a palimpsest, which is “a piece of writing material on which later writing has been superimposed on effaced earlier writing.” Hence, it has two text layers, of which both are Quranic. However, it’s believed that the inferior text is from the mid-7th century CE, while the superior text is, perhaps, from the late 7th or early 8th century CE. Since its discovery in 1972, the manuscript has been examined by various scholars like Elisabeth Puin, Alba Fedeli, Asma Hilali, Behnam Sadeghi, and others. It has as many as 80 folios, preserved today at Dar al-Makhṭūṭāt and the Eastern Library, nearby the Great Mosque. Starting in 1992 through 2008, some folios were sold at auction houses like Christie’s, Sotheby’s, and Bonham’s. Of course, the identity of the buyers was not revealed. More recently, another missing folio of the same manuscript was discovered by Ahmed Shaker, an independent researcher in early Qurans, at the Louvre Abu Dhabi. So, we are now to speak of an 81-folia Qur’anic fragment, written in ‘Hijazi’ or ‘Mail’ style.

What’s the discovery?

As I was scrolling through some images on Twitter, a photograph of a Quranic leaf showed up to me. It was taken at the Louvre Abu Dhabi, with the following description written on it: “an early Quranic leaf in Hijazi script, 600-700 CE.” I was curious to know more by examining the photograph myself. The script, the 10th verse-marker, and the overall appearance all pointed towards DAM 01-27.1. At first, I thought it could be one of the auctioned folios, now on display at Louvre Abu Dhabi. “Oh, good to know its final destination,” I said. But as I looked over and over and did the comparisons, I concluded it’s not one of them. It’s entirely a new folio, which hasn’t been published, and likely, identified before. As it turns out, the folio fills the gap right at Q.5:9 to Q.5:32 which was previously missing. The side of the Quranic leaf at Louvre Abu Dhabi ends through “من قتل نفساً بغير نفس أو فساد في الأرض فكأنما قتل”. If the observation is accurate, the next corresponding folio should start with “…الناس جميعاً”, right? Well, it certainly does.

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The corresponding folio comes from a 2004 thesis of Razan Ḥamdūn, a Yemenite Grad-student who photographed the additional 40 folios of Ṣan‘ā’ Palimpsest, kept at the Eastern Library

Confirmations

Mohsen Goudrazi, a researcher who had studied parts of this manuscript along with Behnam Sadeghi, confirmed the discovery. He tweeted, “My God. My heart just stopped. This must be from Sana’a 1. The uppertext of Christies 2008 folio runs up to Q 5:9, and one of the Eastern Library folios […] begins with Q 5:32 (with al-nās jamī’an) so this folio would fit exactly between them.”

Later on, Islamic-Awareness, a web-based reference in Quranic manuscripts, praised the discovery, calling it an “interesting find,” adding, “It would fit nicely between Christies 2008 auction folio and the one from Hamdoun’s thesis.”

Theory

How did this folio get to Louvre Abu Dhabi? Was it sold at an auction house before finding its way at the Louvre? We are still looking into that, but Elèonore Cellard, a post-doctorate researcher at the Collège de France, has shared an interesting opinion in this regard. She thinks that the folio sold at Christie’s in 2008 was indeed a bi-folio, that is a single sheet folded in half to make two leaves, which was then “separated in 2 folios for selling.” Presumably, the other folio settled in Abu Dhabi.

Time to call curators 

After the confirmation of this discovery, it’s necessary now to reach out the curators at Louvre Abu Dhabi to let them know about the finding and request more details concerning the acquisition of this early Qur’anic folio, which belongs to DAM 01-27.1.

It is reported that the Quranic folio is displayed side by side with a Gothic Bible, Buddhist sutras, and a Torah from Yemen. Moreover, the curators have attached the following description to the folio: “Palimpsest page of a Quran in Hijazi script. From the Arabian peninsula, Medina about 600-700.”

State of fragmentation 

Most of our early Qurans are in a fragmentary state, that is we do not have complete codices, but rather fragments scattered at various libraries, museums, auction houses, and private collections. It takes time and effort to find and regroup these folios accordingly, but we certainly do, and this fascinating discovery is one significant example. Moreover, the discovery of new folio from DAM 01-27.1 raises the possibility of finding more folios from the same Quranic manuscript, elsewhere.

*Last updated October 22, 2018